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Que faire des affaires de l’être cher ? Les principales erreurs à éviter

Durant les premiers temps du deuil, on peut se sentir submergé par un torrent d’émotions intenses qui altèrent parfois notre jugement comme de la colère ou encore de la culpabilité. Pourtant malgré la confusion provoquée par la perte, dès les premiers jours on est amené à devoir prendre des décisions importantes qui auront un impact déterminant sur la suite du processus de deuil.

Une question inévitable et particulièrement délicate s’impose généralement à nous : que faire des effets personnels que laisse derrière lui l’être cher ?

Nous avons posé la question à Isabelle Carmoin, psychologue du réseau de soins palliatifs à domicile Océane qui nous prévient contre certaines décisions prises dans la précipitation qui peuvent à terme ajouter de la souffrance à la souffrance.

« Prenez votre temps »

Parfois, la seule vue des vêtements ou des objets qui appartenaient au défunt est insupportable. Dans un geste de “survie” on peut céder au besoin de s’en défaire au plus tôt dans le but d’atténuer la douleur de la perte.

Pourtant, cette empressement peut s’avérer regrettable. En effet, ces supports peuvent être utiles au cours de votre deuil comme autant de fils qui vous permettront de tisser le lien intérieur avec le défunt. Bien que les effets personnels constituent une douloureuse piqûre de rappel, ils jouent un rôle primordial dans votre chemin de deuil. Vous débarrasser trop rapidement de tout cela pourrait affecter une période fondamentale de votre deuil qui vous amènera progressivement à accepter une forme de présence plus symbolique de votre proche, une présence intérieure.

Car contrairement aux idées reçues, le deuil n’a pas pour objectif l’oubli ou l’oblitération totale dans votre vie du souvenir de l’être cher, bien au contraire, il s’agit d’un véritable travail de mémoire, qui permet progressivement de tisser en soi le lien intérieur avec le défunt.

>> Vous pouvez lire aussi l’article : le deuil, une période dédiée au « travail de mémoire »

Que faire en cas de choix divergent dans la fratrie ?

Tout chemin de deuil est singulier, il est courant que les avis divergent au sein de la fratrie quant à la manière de gérer les affaires du défunt. Certains souhaiteraient régler cette question assez rapidement et se défaire de tous les objets quelques semaines à peine après le décès, tandis que d’autres préfèrent prendre leur temps et tout conserver en l’état.

Là encore, privilégiez le choix de la patience. Il est essentiel de repousser toute décision si vous avez peur de faire une erreur, quitte à laisser cette étape en suspens pendant plus d’un an.

souvenir defunt deuilNéanmoins, si un membre proche de la famille insiste pour “se débarrasser” des effets trop rapidement, exprimez lui simplement vos difficultés à faire face aux souvenirs rattachés à ces objets. Proposez lui par exemple de les entreposer un certain temps dans un espace neutre si celui-ci se sent trop affecté à la vue de ces souvenirs.

Enfin, si des personnes de votre entourage sans lien avec le défunt vous conseillent de vous défaire d’objets qui comptent à vos yeux, gardez à l’esprit qu’il est avant tout important de vous écouter.

> A lire aussi quelques témoignages du forum d’entraide : « garder ou pas ses affaires ? »

Quels objets garder ?

Vouloir garder certains effets personnels ayant une valeur sentimentale particulière est tout à fait normal. Cela peut être un vêtement, un bijou, une photo… Ce qui importe surtout, c’est la façon dont ces objets vont influencer votre chemin de deuil : le symbole qu’ils représentent ne doit pas vous empêcher d’aller de l’avant et de mener une vie normale, mais plutôt vous rappeler avec douceur au souvenir de votre proche.

De même, il est habituel et tout à fait salutaire de vouloir dédier un petit espace chez soi pour les souvenirs de cette personne disparue. Cela peut être une étagère, un pan de mur…

Évidemment, faire ce « tri » pose différentes questions toutes aussi délicates les unes que les autres : ai-je le droit de faire intrusion dans son intimité de la sorte ? Quelles émotions vont m’assaillir en revoyant tous ces objets ?

Certains préfèrent procéder seuls pour se recentrer sur eux-mêmes en cet instant important, tandis que d’autres demandent l’aide d’amis ou de proches, et cela peut d’ailleurs être un moment de partage très intense.

« J’ai peur de rester bloqué dans mon deuil »

Si se débarrasser de tous les effets personnels du défunt peut vous priver d’un matériel essentiel au travail de mémoire, la peur que leur présence vous bloque dans votre processus de deuil est totalement légitime.

Malheureusement, dans certains cas, le travail de mémoire est complexe à accomplir car ce lien intérieur est difficile à établir, du fait justement d’un trop grand attachement aux objets laissés par le défunt. Par exemple, la chambre de celui-ci peut être conservée dans le même état qu’avant son décès, comme une véritable pièce souvenir.

defunt objet souvenirHélas, aussi réconfortant que cela puisse sembler, cette volonté de figer les choses risque de constituer un frein à votre cheminement : vous restez bloqué dans un rapport extérieur avec votre proche, un rapport « physique », voué à ne plus évoluer, et risquez de vous isoler.

Bien que cela soit extrêmement difficile, il vous faudra inévitablement renoncer à de nombreux liens extérieurs avec cette personne disparue. C’est malheureusement le seul moyen pour vous d’avancer sur votre chemin de deuil, mais rassurez-vous : bien entendu, il n’est pas question de rompre tous ces liens.

Là encore, à vous de trouver un juste milieu, et surtout un juste rythme : faire comme si votre proche était encore vivant en figeant trop de marques de sa présence dans votre quotidien risque d’avoir des conséquences néfastes sur votre processus de deuil, mais se défaire de manière trop hâtive de tous les objets qui peuvent alimenter votre travail de mémoire n’est pas non plus recommandable.

Il n’y a que vous qui puissiez savoir quand faire évoluer les choses et choisir le bon moment pour s’en occuper, d’où notre premier conseil : prenez votre temps.

A lire aussi l’article : « Le deuil, un chemin de retour à la vie »

souvenirs citation

Que faire des affaires de l’être cher ? Les principales erreurs à éviter
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8 Commentaires

  1. Et que faire quand on ne veux pas avancer… pas oublier… on survie et attend je ne sais quoi… Impossible de faire sa chambre , enlever ses affaires… Que penser à cela me rend malade… même après bientôt trois ans …Je n’arrive pas……

    • …et bien moi cela fait 64 mois……plus de 5 ans, et moi non plus , sa chambre est remplies encore de ses effets personnel…je me dis , que je n ais pas besoin de cet espace et my recueille parfois pour mieux la ressentir……..on es libre de choisir ce qui est bon pour nous…et laisser les jugements des autres ne pas nous atteindrent….bonne journée Xx

      • totalement vrai ce que vous dites chacun fait comme il veut .Moi sa fait 7 ans que j ai perdu mon fils de 19ans 1/2 et j ai gardé sa chambre tel quel .Et cela m a aider à avancé au contraire .et quand je suis pas bien je vais dans sa chambre et je ressent un bien fou et me sens apaisé après. Et sa chambre a toujours son odeur .Les personnes qui ne son pas passé par la ne peuvent pas jugé. Chacun fait son deuil comme il veut du moment que sa l’aide à avancé

  2. Et comment situer un deuil problématique à partir uniquement de conserver les effets personnels. Ma fille est morte à l’âge de 19 ans il y a 3 ans et 4 mois et je n’envisage pas de liquider ses vêtements et autres et encore moins de vider sa chambre. La douleur et le vide sont déjà tellement insupportables alors je ne vois pas en quoi cela nous soulagerait …

  3. La date du maudit 3 septembre, 2ans que mon fils Sylvain a perdu la vie à l âge de 20ans. Mort inexpliquée par la médecine qu’ un “arrêt cardiaque” cause inconnue! Je ne sais même pas pourquoi Sylvain est décédé durant cette maudite nuit!
    Déjà 2ans mais pourtant, c est comme si c était hier! Les images d horreur sont si présentes dans ma mémoire et chaque fois que j entre dans sa chambre, c est un nouveau coup en plein coeur qui ravive le cauchemar éveillée dans lequel je m efforce de survivre pour mes autres enfants! Pas pour moi même qui n ai qu’ une envie, être à ses côtés et ne plus souffrir!
    Je n ai rien touché, rien changé à la chambre de mon fils ni jeté quoi que ce soit. Je n ai pas pu ni au début malgré l insistance de certaines personnes proches ou pas, encore moins à ce jour où son souvenir omniprésent quel que soit l endroit ou la personne, me plongent dans mes pensées tristes et douloureuses que je dissimule parfois trop mal.
    J attends mon heure, je ne vis plus!
    Tout est mort en moi, je ne ressens aucune joie ni en mon coeur ni en mon esprit!
    Le bonheur m a été arraché violemment lorsque la mort a volé la vie de mon adorable enfant, la mienne s est arrêtée depuis! Je ne suis qu’ une morte vivante dans un univers qui n est plus le mien

    • Bonjour mamadame.Je suis samia enchantée j ai lu votre commentaire et sa me touche beaucoup j ai vécu ses dernières années des décès a jamais gravé dans ma mémoire celle de mes grands parents .mon oncle mon cousin et cousine décédé jeune et mon papa il y a deux ans c un choc traumatisé à vie j ai essayé de me mettre dans la foi mais j ai perdu l espoir cela est tellement j avais un lien très fort avec mon papa .essayer de faire que vous aimiez car votre enfant ne veut pas vous voir de la haut si triste .pensez à vous mettre dans le bénévolat je l ai fais sa aide

    • Bonjour je viens de perdre mon conjoint le père de mes enfants par suicide cela va faire 3 mois le 6 janvier il a été retrouvé 10 jours après la nuit où il est parti de chez nous en me laissant 3 messages vocaux sur SON téléphone depuis je ne réalise pas je ne vis plus je l’aimais plus que ma propre vie je m’en suis voulue de ne rien avoir vu pourtant il avait fais déjà 2 tentatives et je l’ai “sauvé” à temps mais dans ses messages il me supplie de ne pas le sauver de lui pardonner il me dis qu’il nous aime et de ne pas le juger chose que je ne ferai jamais car j’ai compris sa souffrance sa détresse dû à une enfance catastrophique et la maladie dont il était atteint et dont les docteurs le disaient “condamné” le suicide il n’y a pas plus terrible souffrance et pour la personne concernée et pour les proches (moi en l’occurrence) comment pourrai je accepter une telle décision ???? Il me manque terriblement je passe mon temps à pleurer à réécouter des messages pour entendre le son de sa voix j’ai des photos son écriture mais je ne m’y ferai jamais nous nous aimions d’un amour si fort si complice je garde ses affaires très précieusement car je ne peux pas me détacher de lui il était l’homme de ma vie mon oxygène dans lui plus rien à de l’importance mis à part nos enfants c’est pour eux que je suis encore là sinon je serai allée le rejoindre je suis suivie par une psychologue mais c’est trop dur je n’accepte pas son absence il me manque….chaque jour est une torture

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