Séance compl. #2

Vivre les émotions du deuil : colère, culpabilité, soulagement…

Bonjour,

Colère, culpabilité, soulagement… Vivre ces émotions durant le deuil, c’est notre sujet d’aujourd’hui.

Vous allez pouvoir découvrir une vidéo pour mettre des mots sur des émotions parfois difficiles à saisir.

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Ressentir de la colère durant le deuil

Contre soi, contre ce qui s’est passé, contre la personne qui nous a “abandonné”, contre ceux qui ne comprennent pas ce que l’on traverse, contre le personnel médical… Cette émotion est légitime tant les raisons d’être en colère sont nombreuses. On comprends mieux pourquoi on la retrouve dans beaucoup de témoignages. Le sentiment de colère est présent et partagé par la majorité des endeuillés à un moment ou un autre du long chemin de deuil.

Identifier et s’autoriser
à ressentir de la colère

Cette colère légitime face à l’injustice que représente la perte d’un être cher peut prendre différentes formes. Elle est souvent très présente dans le deuil sans que l’on n’arrive nécessairement à l’identifier. Il est important de rester à l’écoute de ses émotions car la colère peut être à l’origine des ruptures et des bouleversements les plus déstabilisants du deuil. En effet, niée et dirigée vers soi, la colère peut se transformer en culpabilité jusqu’à vous ronger. Un sentiment de colère refoulé peut également vous amener à vous couper de vos proches, qui sont la ressource la plus importante pour traverser le deuil.

Ressentir de la colère est souvent inavouable et très dur à partager, c’est pour cela que cette émotion est souvent problématique et difficile à vivre durant le deuil.

Comprendre ce que l’on vit, s’autoriser à ressentir de la colère est une étape importante sur le chemin de deuil.

Mettre des mots sur les maux, c’est aussi prendre du recul pour mettre, l’espace d’un instant, la souffrance à distance. Ces moments de répit durant lesquels on peut reprendre son souffle sont vitaux. Identifier et accepter les émotions même les plus inavouables est un passage obligatoire vers l’apaisement.

Les mots manquent victor Hugo

“Je suis en colère contre ce qui s’est passé”

La mort d’un être cher nous confronte directement à la question du sens. Une interrogation revient alors sans cesse et hante les esprits jusqu’à l’épuisement : “Pourquoi ?”

Le choc du décès nous plonge alors dans un chaos total, qui déstabilise et entraine la perte des repères. Il ébranle même jusqu’aux croyances les plus ancrées.

Dans les premiers temps on peut se sentir hébété, comme si l’on venait de subir l’impact d’un accident extrêmement violent. Ce sentiment de confusion total peut durer longtemps pour progressivement laisser place à de la colère. Une colère “contre ce qui s’est passé”, contre l’injustice que représente la perte d’un être cher.

Ne soyez pas trop dur contre vous, car comme toute victime d’un violent accident dont vous n’êtes pas responsable, vous avez le droit d’être en colère. C’est humain de se sentir en colère face à l’injustice, à la souffrance et à la blessure du manque.

Lorsque l’on subit un coup en plein cœur, on a le droit de céder à la colère. Laissez la sortir, criez, pleurez, blasphémez si besoin. Libérer ce cri du cœur en souffrance est une étape qui peut faire du bien et permettre un vrai déclic pour mieux retrouver une stabilité intérieure.

Quand la colère isole

Il y a aussi la colère contre ceux qui n’étaient pas là, contre ceux qui ne sont pas là pour vous car ils ne comprennent pas votre situation. Face à l’incompréhension de l’entourage il se peut que vous libériez toute cette colère contre eux.

Cette colère contre l’entourage est souvent un appel à l’aide face à la violence que vous subissez et qui vous épuise jour après jour.

Même si vous vous sentez déçu par les autres, il est important durant le deuil de ne pas couper totalement le lien avec votre entourage. La recherche d’un responsable est naturelle, néanmoins prenez garde à ne pas être trop dur envers vous-même ou envers votre entourage, qui est aussi impuissant que vous face aux événements.

L’exercice à refaire :
“Autorisez-vous à…”

Pour continuer sur un chemin plus apaisé, vous devez vous autoriser à accueillir la complexité des émotions que vous éprouvez à l’égard de la personne disparue.

Par exemple …

– Autorisez-vous le droit d’aimer une personne, tout en ayant de la colère,

– Autorisez-vous le droit d’éprouver de la gratitude tout en reconnaissant des manques ou en étant déçu de certains comportements,

– Autorisez-vous le droit de vous sentir triste et de pleurer tout en étant soulagé par sa disparition…

– Autorisez-vous le droit d’être imparfait(e) et de ne pas pouvoir tout contrôler

Je m’autorise à…(à vous de compléter).

Dites nous avec mots, quelles émotions prédominent dans votre vécu de deuil en remplissant le questionnaire de témoignage ci-dessous.

La colère contre soi : la culpabilité

La colère, quand elle est portée contre soi, peut donner naissance à un sentiment de culpabilité. On se reproche “de ne pas avoir fait assez” ou encore “de ne pas avoir vu ou compris”, d’être encore là mais pas lui. On aurait aimé être plus présent, être à ses côtés lors des derniers instants…

Une expression populaire dit qu’on se rend d’autant plus compte de ce que l’on avait une fois qu’on l’a perdu. Dans le cadre du deuil, le sentiment de vide dans l’existence que laisse l’absence du défunt met en lumière l’importance du lien partagé avec lui. Cette sacralisation peut pousser le survivant à avoir des comportements anxiogènes : en étant par exemple particulièrement dur contre lui-même et en se sentant coupable d’être encore là.

Face à l’absence de sens de la mort d’un proche, on peut être tenté de rediriger cette colère contre soi. Cette propension naturelle que l’on a d’endosser les responsabilités peut se révéler une grande source de souffrance quand il s’agit de vivre un deuil. Cet élan de culpabilisation est très présent chez les enfants, pour lesquels il faut être attentif à la pensée magique. Ce vécu de culpabilité est d’autant plus présent dans le cadre d’un deuil après suicide. Dans ce cas, on a tendance à se donner un rôle plus direct dans la responsabilité de ce qui est arrivé, et cela se traduit par une phrase qui revient systématiquement à l’esprit: “si seulement j’avais su”.

Le sentiment de culpabilité peut aussi naître du soulagement ressenti à la suite d’une fin de vie longue et éprouvante, notamment dans le cas de la maladie d’Alzheimer ou d’un cancer à multiples récidives. Ce sentiment de soulagement et de culpabilité est alors encore plus difficile à partager, de peur d’être mal perçu par l’entourage. Et puis cette culpabilité est parfois un des derniers fils qui nous relie au défunt: s’en affranchir peut donner l’impression de vouloir couper définitivement le lien d’attachement.

La culpabilité est une forme pernicieuse que peut prendre la colère, il faut y être très attentif. Mettre des mots sur ce que l’on se reproche est crucial pour explorer ce sentiment en profondeur. Cela permet à terme de s’accorder le pardon, sans pour autant rompre le lien qui nous lie au défunt, et marque souvent le début d’une nouvelle relation avec lui. Une relation plus apaisée.

Le ressenti de culpabilité est présent dans de très nombreux deuils et se vit de manières très différentes. Il y autant de sentiments de culpabilité que d’histoires de vie et de liens. Sur le forum, vous trouverez un sujet dédié au rôle de la culpabilité durant le deuil. Pour vous aider à explorer cette culpabilité, vous pouvez découvrir les témoignages d’autres personnes en deuil et partager votre vécu de deuil.

>> Participer aux échanges sur le forum d’entraide <<

Dois-je vraiment libérer mes émotions ?

Vivre les émotions violentes du deuil peut faire peur. La crainte de perdre le contrôle est paralysante, pourtant c’est bien parce qu’elles sont violentes que ces émotions ont besoin d’être libérées. Vous pouvez être sûr que vous vous sentirez mieux une fois que vous aurez relâché un peu de cette pression qui ajoute du poids à votre souffrance. Donner libre cours à vos émotions et les épuiser peut vous permettre de ne pas vous laisser submerger, et de ne pas laisser la colère affecter tous les aspects de votre vie.

Nous comprenons votre souffrance, vous avez le droit d’être en colère au vu de l’injustice que vous traversez. L’important est de trouver une manière qui vous convient pour vivre ces émotions : écriture, sport, échange, marche… Et de trouver l’endroit et l’interlocuteur appropriés qui sauront accueillir ces émotions sans jugement.

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Vers qui me tourner pour libérer mes émotions ?

Si vous sentez que vous avez besoin d’un soutien extérieur pour aller au bout de vos émotions, veillez à choisir une personne en qui vous avez une grande confiance, qui saura être suffisamment bienveillante pour accueillir votre  souffrance sans vous juger, et surtout sans essayer de l’anesthésier avec des mots qui seraient des “injonctions à aller mieux”.

>> Comment solliciter de l’aide durant le deuil <<

Pour cela vous pouvez faire appel à vos proches, mais parfois ils peuvent aussi être affectés par la perte.  Alors vers qui se tourner ?

N’hésitez pas à contacter les associations de bénévoles qui accompagnent le deuil, un professionnel, ou bien à partager votre ressenti sur le forum d’entraide. Une communauté de personnes ayant éprouvé les émotions du deuil peut vous aider extérioriser les vôtres dans un cadre bienveillant.

>> Accéder au forum deuil <<

Traverser le deuil, c’est progressivement accepter notre impuissance. Impuissance face à ce qui s’est passé, face à la mort inéluctable… C’est une forme de lâcher prise. Beaucoup de personnes témoignent d’une sorte de renaissance suite à la perte d’un proche. Le deuil peut nous transformer jusqu’à nous faire accéder au pardon sincère et entier, dès lors que l’on accepte qu’il existe parfois des victimes sans bourreaux.

La citation
“qui donne espoir”

étape deuil sideration

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