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Le deuil à l’ère « moderne »

deuil 2.0La masse d’informations que l’on reçoit H24 sur les drames à l’échelle mondial sature notre compassion. Les réseaux sociaux et la mode du développement personnel nous presse dans la quête du bonheur et la sublimation de la résilience. Les médicaments et les consultations psy ont pris toute la place. Hormis la compensation par le shopping ou la distraction par le sport ou la télévision, que nous reste t’il comme alternative? Les pratiques religieuses baissent et les rituels ont quasiment disparus. Quel est le mode d’emploi aujourd’hui pour soigner son deuil, trouver des ressources, établir des actes, s’aider ou être aidé?

Le deuil : un sujet tabou

C’est troublant à quel point le deuil est devenu un sujet tabou aujourd’hui, alors même que plein de tabous sont tombés, celui-là est prégnant. Ce n’est pas tant la mort qui est tabou, puisqu’elle est partout, dans les journaux, sur les écrans, dans les jeux vidéos. Non, ce qui est devenu tabou, ce sont les émotions liées au deuil et la durée nécessaire pour renaître après un deuil.

La tristesse, la colère, par exemple, ne sont pas reconnues comme des émotions très acceptables. Et pourtant, elles sont bien humaines et nécessaires pour que les émotions considérées comme nobles puissent à nouveau réapparaître. La joie, reste factice, un sourire plaqué sur le masque du quotidien, si elle cache un deuil nié. Qui n’a pas répondu « Oui, tout va bien » à cette fameuse question « Ça va ?» alors qu’au fond, même juste là, « non ça ne va pas du tout », car tout notre corps, tout notre esprit hurle que plus rien n’a de sens depuis le décès de l’être aimé.

Je pense que nous avons, ensemble, le pouvoir de changer cela. Nous pouvons par nos actes quotidiens changer les choses, à notre mesure, en commençant par soi.

Être bienveillant envers soi

Commencer par être le plus aimant et tolérant possible avec soi-même. Je fais de mon mieux tous jours pour me respecter et respecter mes besoins et mes émotions. Puis, continuer avec son entourage proche, en écoutant réellement et en étant là pour offrir à l’autre l’essentiel : une écoute et une présence bienveillante. Lorsque l’on parvient déjà à cela, il nous reste à oser parler de ce sujet si tabou avec le 3ème cercle. C’est à dire, en parler avec les copains, les collègues, les voisins.

Car, même si en 2017, nous parvenons à proposer des solutions innovantes grâce à internet comme les Mots du deuil (vidéos, forum, de citations) ou Nos météores (manuels de co-écriture en ligne), l’essentiel, ce qui nous rend humains, c’est le pouvoir de consolation que nous avons les uns envers les autres. Un regard, des bras qui enlacent, une bougie allumée, une écharpe tricotée, un gâteau préparé, c’est tout ça aussi qui peut nous soulager. Aujourd’hui, à l’heure du deuil 2.0, des cérémonies funéraires transmises en live sur internet pour ceux qui n’ont pas pu se déplacer, ce dont nous avons le plus besoin et qui est à notre portée, c’est de s’entraider.

Laetitia Lycke

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