Deuil d’un parent, lettre de Marcel Proust à Georges de Lauris

inter Séance #5 écriture 2

« …Maintenant, je peux vous dire une chose : vous aurez des douceurs que vous ne pouvez pas croire encore. Quand vous aviez votre père vous pensiez beaucoup aux jours de maintenant où vous ne l’auriez plus. Maintenant vous penserez beaucoup aux jours d’autrefois où vous l’aviez. Quand vous serez habitué à cette chose affreuse que c’est à a jamais rejeté dans l’autrefois, alors vous la sentirez tout doucement revivre, revenir prendre sa place, toute sa place près de vous.

En ce moment ce n’est pas possible. Soyez inerte, attendez que la force incompréhensible (…) qui vous a brisé, vous relève un peu, je dis un peu car vous garderez toujours quelque chose de brisé. Dites-vous cela aussi car c’est une douceur de savoir qu’on aimera jamais moins, qu’on ne se consolera jamais, qu’on se souviendra de plus en plus. »

Lettre de Marcel Proust à Georges de Lauris qui vient de perdre sa mère.

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